Le « musée Lee Kun-hee » sortira de terre à Séoul

Une trentaine de municipalités à travers le pays, allant de la deuxième plus grande ville du pays, Busan, à Daegu, la ville natale de Lee, ont mené une intense campagne afin d’attirer le musée qui abritera la vaste collection estimée à des milliers de milliards de wons.

Hwang a déclaré qu’un comité d’experts en art composé de sept membres et chargé de gérer le don avait choisi les deux sites candidats à Séoul dans l’espoir que le public puisse y accéder facilement.

«Nous avons discuté de l’ordre du jour avec des portes ouvertes mais avons mis le droit du public à profiter de la culture au centre», a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse tenue dans un bâtiment du complexe gouvernemental au centre de Séoul.

«(La décision) semblait être la plus optimale dans la mesure où davantage de personnes peuvent en profiter et qu’elles peuvent également mener à d’autres domaines, comme le tourisme et les affaires.»

Hwang a ajouté que la décision de rassembler la vaste collection qui comprend des œuvres d’art de différentes époques reflète également la «philosophie du donateur».

Considérant que les municipalités qui se sont battues pour la candidature pourraient s’opposer au plan, le ministre a déclaré que les autorités discuteraient des moyens d’organiser des expositions de la collection dans les villes de province et que l’intérêt national était prioritaire sur la volonté de chaque gouvernement provincial.

Kim Yong-na, une historienne de l’art qui dirige le comité, a soutenu ce point de vue.

«Je pense qu’un musée devrait être au centre-ville, dans un endroit où les gens peuvent facilement le visiter», a-t-elle déclaré. «En ce sens, je pense que le site de Jongno est un peu mieux, mais les deux sont de très bons emplacements.»

Kim a également noté que les deux sites sont situés à proximité d’institutions culturelles gérées par l’Etat, le Musée national de Corée et le Musée national d’art moderne et contemporain (MMCA).

«Ce sont des œuvres d’art dans divers domaines, et l’expérience des deux institutions est nécessaire pour les conserver, les gérer et les exposer. Il y a aussi la possibilité de devoir collaborer avec d’autres agences, comme la Bibliothèque nationale de Corée, cela signifie qu’avoir le musée à Séoul sera fluide à bien des égards.»

Bien que le gouvernement n’ait pas précisé le calendrier de la construction du musée, les responsables ont indiqué que son achèvement prendrait probablement six à sept ans.

Selon Min Byoung-chan, directeur général du Musée national de Corée, il faudra environ deux ans pour enregistrer les dons et trois ans de plus pour mener les principales recherches primaires sur les œuvres d’art.

«Nous prévoyons que l’achèvement aura lieu en 2027 ou 2028, mais ce n’est qu’une estimation», a fait savoir Min lors de la conférence de presse.

Hwang a indiqué que la décision de choisir l’un des deux sites serait probablement prise avant la fin de l’année.

Outre les recherches préliminaires sur la construction du musée, le gouvernement s’apprête à présenter certaines des œuvres d’art lors d’expositions à venir cette année.

Le Musée national de Corée et le MMCA, tous deux situés à Séoul, devraient lancer des expositions spéciales le 21 juillet. Une exposition conjointe marquant le premier anniversaire du don est également provisoirement prévue en avril de l’année prochaine.

La saga

L’épicerie Samsung en 1938
Lee Byung-Chul et Lee Kun-Hee

Réputé autoritaire, solitaire mais visionnaire, Lee Kun-hee avait pris, en 1987, la tête du groupe créé cinquante ans plus tôt par son père Lee Byung-chul près de Daegu, au sud de la péninsule coréenne. Développé à partir d’une petite société de commerce spécialisée dans l’export de poisson séché, le groupe s’était progressivement transformé, sous la direction du fondateur et avec le soutien des autorités du Sud, en un grand acteur de l’électroménager et de l’électronique asiatique, contrôlant des usines de téléviseurs aux Etats-Unis, au Portugal et même au Japon.

Ayant pris conscience dès ses études à l’université Waseda de Tokyo et à la George Washington University School of Business de l’accélération de la mondialisation et du rattrapage chinois, Lee Kun-hee avait poussé Samsung à doper sa présence à l’étranger et à investir massivement, sur le long terme, sur des produits à forte valeur ajoutée pour casser la réputation de médiocrité du « Made in Korea ».

En interne, ses employés se sont longtemps raconté une soirée mythique de juin 1993. Agacé par la domination de Sony et Panasonic sur les marchés occidentaux et le mépris pour les écrans de sa marque, Lee Kun-hee avait convoqué à l’hôtel Kempinski de Francfort les 150 plus hauts cadres de sa division électronique. Réunis dans une salle de banquet, ils avaient subi un discours de… sept heures de leur patron. Plaidant pour une montée en gamme, le tycoon avait finalement lancé à ses troupes : « Changez tout, sauf votre femme et vos enfants ! »

Deux ans plus tard, en mars 1995, le dirigeant avait encore frappé les esprits en faisant détruire à la masse, devant 2.000 ouvriers de son usine de Gumi, au sud de Séoul, des faxs et des téléphones sans fils qu’il avait jugés « indignes » de la marque. Les appareils détruits finissant dans un grand bûcher à 50 milliards de wons (40 millions d’euros) sous une banderole « la qualité est ma fierté ». La légende du Chairman Lee était née.

A force de coups de sang et de coups de génie, Samsung a ainsi mué en leader mondial de l’électronique. Selon les calculs de FnGuide, la capitalisation totale du groupe a été multipliée par 348 entre 1987 et 2014, date de l’« effacement » de Lee Kun-hee. Sur la même séquence, les ventes ont, elles, été multipliées par 34. Samsung Electronics, qui règne sur le marché du smartphone mais surtout sur celui des puces mémoires NAND et DRAM, est devenu la pépite de l’empire Samsung qui contrôle, par un complexe jeu de participations croisées, plus de 70 entreprises dans divers secteurs (restauration, mode, recherche médicale, divertissement…).

Publié par Yeji CHOI

Récemment diplômée d'une licence en Droit à l'Université Jean Moulin Lyon III, j'ai créé ce blog afin d'approfondir mes connaissances en droit coréen et français. 2021년 프랑스 장 물랑 리옹 3 대학교에서 법학을 졸업한 후 제가 알고 있는 대륙법과 한국법을 더 공부하기 위해 만든 블로그 입니다.

Laisser un commentaire

Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer